Le drag and drop, sur sites physique et internet

Les expériences de visite sont véritablement révolutionnées par la mise au point, depuis plusieurs années, des interfaces tactiles qui simplifient l’interaction visiteur-machine. Ludification, interactivité, pédagogie… les atouts de ces dispositifs tactiles sont nombreux. Ces interfaces tactiles proposent pour certaines la fonctionnalité du « drag and drop » détaillée et illustrée ci-dessous.

Qu’est ce que le drag and drop ?  

Le drag and drop (en français glisser-déposer) consiste en la possibilité donnée à un utilisateur via une interface numérique de saisir un objet et de le déplacer pour l’amener à un autre endroit.

Au quotidien, nous utilisons énormément cette fonctionnalité, sans forcément nous en rendre compte : par exemple dans nos systèmes d’exploitation, pour déplacer des fichiers d’une fenêtre à une autre, pour rattacher une pièce jointe à un mail, pour éjecter un DVD.

Cette fonctionnalité relève fortement de la manipulation directe : on agit directement sur l’objet que l’on souhaite traiter, sans passer par un intermédiaire symbolisant l’action que l’on souhaite effectuer. Elle permet de rendre dynamique, actif l’utilisateur. Elle injecte ainsi de l’interactif et souvent du ludique dans l’expérience de visite physique (sur site) ou virtuelle (sur le site internet du lieu) qu’elle accompagne.

Réussir le design de l’interface de drag and drop

Comme toute technologie, le drag and drop ne doit être employé par un site culturel ou patrimonial que s’il est vraiment utile pour le visiteur qui se rend sur place ou l’internaute qui visite le site internet, et non parce qu’il est possible de le faire techniquement. De plus, une fois qu’il est présent, de nombreuses conditions doivent être respectées pour qu’il soit correctement utilisable et efficace (le détail ici) :

  • La possibilité du drag and drop doit être visible : l’interface proposée doit donc, par son apparence et/ou son fonctionnement, inciter le visiteur à comprendre ce qu’il peut faire ou ce que l’on attend de lui.
  • Le déplacement de l’objet qui sera déposé ailleurs doit aussi apparaître de manière visible à l’utilisateur du dispositif. Un feedback doit par exemple être désigné pour informer l’utilisateur sur le fait qu’il est bien en train de déplacer un élément.
  • La destination doit être compréhensible et visible par le visiteur.
  • Le drag and drop doit être facile (proximité, grandeur et flexibilité du récepteur, logique de déplacement).
  • L’effet du drag and drop doit être visible sur l’interface.

A la lumière de ces éléments, on comprend alors que cette fonctionnalité que de nombreux sites de visites mettent à disposition de leurs visiteurs ou de leurs internautes doit être correctement pensée et désignée pour servir l’expérience de visite physique ou virtuelle.

Ses utilisations dans les expériences de visite

Concernant les expériences de visite, cette fonctionnalité est proposée dans deux cas distincts suivants : d’une part sur les lieux physiques de visite et, d’autre part, sur les sites internet des lieux de visite.

Le drag and drop sur les lieux physiques de visite

Le drag and drop est proposé aux visiteurs sur les sites de visite. Il s’accompagne le plus souvent d’une interface tactile mise à disposition de ces derniers (comme par exemple une table multi-touch ou une tablette mobile).

Le musée d’histoire naturelle du comté de Los Angeles propose par exemple au « Hall des dinosaures » un kiosque interactif autour des fossiles et des dinosaures qui mobilise la technique du drag and drop. Ce dispositif permet aux visiteurs d’apprendre comment les scientifiques peuvent reconstituer les temps préhistoriques en étudiant les fossiles d’animaux et de plantes.

Le musée Vesunna de Périgueux a proposé lors d’une exposition temporaire intitulée « Quoi de neuf chez les Pétrucores » – qui a mis en valeur les fouilles et études gallo-romaines réalisées dans la région – un jeu d’identification de céramiques fonctionnant sur le principe du drag and drop. Ce jeu complétait le dispositif de visite basée sur une table tactile multi-touch et multi-utilisateurs qui permettaient aux visiteurs de découvrir sur une carte interactive les lieux et contenus des fouilles réalisées.

Le musée de la créativité des enfants de San Francisco et le musée de l’informatique de Rhode Islandont, quant à eux, récemment proposé des animations d’apprentissage du code et de la fabrication de robots autour de la technique du drag and drop. Ces animations ont intégré le programme facile et innovant développé par le MIT : SCRATCH qui utilise le drag and drop de blocs de code.

L’intérêt des dispositifs intégrant une fonctionnalité de drag and drop est simple : il s’agit de favoriser l’interactivité et le jeu dans l’expérience de visite via une technique intuitive et donc accessible à tous. La majorité des dispositifs sont utilisés pour les publics jeunes, habitués au drag and drop (notamment dans les jeux vidéos) et attirés par son caractère ludique.

Le drag and drop proposé sur les sites internet des lieux de visite

Les lieux de visite mobilisent la technique du drag and drop pour leur site internet. L’interface « site internet » est un enjeu essentiel : il s’agit par celle-ci d’attirer des visiteurs, de les aider à préparer leur visite mais aussi de leur permettre une expérience de visite en tant que telle, virtuelle, riche, dynamique et interactive. De nombreux musées, lieux patrimoniaux, sites touristiques offrent déjà des visites virtuelles. Ils sont aussi nombreux à proposer sur leur site internet des jeux en ligne intégrant la fonctionnalité du drag and drop.

C’est le cas du Musée des trains de Virginie (aux Etats-Unis) pour un jeu de reconstitution d’un train ou encore du Musée national du Pays de Galles qui proposer d’habiller une figurine avec des vêtements et accessoires du 17ème siècle. Le Musée de Londres propose aussi un jeu autour des styles vestimentaires dans les années 1930, 1950 et 1970.

L’institut culturel de Google propose pour sa part de comparer des pièces de musées inscrits dans son projet en les sélectionnant par le drag and drop. Par exemple, ici, deux pièces du Musée du Mémorial pour la paix d’Hiroshima :

hiroshima

Le musée des sciences et de l’industrie de Chicago (Etats-Unis) propose un jeu drag and drop autour de la table périodique des éléments. Plus précisément, l’internaute peut combiner les éléments de cette table pour créer des réactions chimiques virtuelles dans ce « laboratoire drag and drop » et apprendre, en jouant, les propriétés chimiques des éléments. Ce jeu fait écho aux théories selon lesquelles l’apprentissage par des techniques où l’enfant est actif face à la connaissance est plus efficace.

goreact

Enfin, dans le cadre du programme Vigie Nature, le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec AgroParisTech, a lancé un « serious game » d’observation scientifique Birdlab qui permet par un simple drag & drop d’icônes d’oiseaux de reproduire leur activité en temps réel sur les mangeoires pendant 5 minutes.

Il s’agit ainsi pour les sites de visite de proposer de découvrir une partie de leur collection sur internet ou d’enrichir leur dispositif physique par un jeu virtuel.

Interactivité, intuitivité, gaming : la technique du drag and drop possède des caractéristiques intéressantes pour les expériences de visite notamment pour les publics jeunes. Pour autant, il s’agirait pour les rendre encore plus performantes de réfléchir à des modalités d’utilisation du drag and drop moins figées et contraignantes pour le visiteur.

Laisser un commentaire