[Livre] Avec Smart, on devient « smarter »

La période estivale est souvent la parenthèse tant attendue pour renouer avec la lecture quelque peu délaissée pour cause de travail intense : romans, essais, magazines et mooks. Pour s’informer, s’enrichir, se divertir, s’évader, apprendre, tranquillement, sereinement.

Cet été, entre Quiberon et Le Cap Ferret – des vacances hexagonales pour une fois – je me suis plongée dans le livre de Frédéric Martel, Smart.

Pourquoi ce choix ? Je dois avouer que c’est d’abord parce que la communication autour de ce livre a été – sur moi – efficace : sur Twitter, à la radio, en librairie… bref, j’ai cédé, pauvre consommatrice – manipulée ? – que je suis. Je vous rassure néanmoins, ce choix est aussi motivé par une curiosité intellectuelle pour le web. Je commence d’ailleurs en septembre une nouvelle aventure professionnelle dans le digital, les territoires numériques et l’économie collaborative. Alors un livre sur « les internets » ne pouvait que m’être utile dans ma préparation à assumer de nouvelles missions. J’y reviendrai d’ailleurs dans un prochain billet.

J’ai donc lu Smart. Voilà ce que j’en pense.

Sur la forme, ce livre est plaisant à lire : bien écrit, simple, précis. Il est dynamique et bien documenté car agrémenté de témoignages et de récits d’expériences inédites, sur le terrain, à travers le monde : Kenya, Gaza, Chine, Inde, Mexique, Colombie, Etats-Unis, Russie, Israël, Cuba, Japon…

Sur le fond, Frédéric Martel nous apporte des informations riches et solides sur les usages d’internet : social media, social TV, culture, smart city, jeux vidéos… et sur la territorialisation de ces derniers. Un exemple tout simple : Ozon, l’Amazon russe, ne fait pas du e-commerce comme l’Amazon que nous connaissons ici en France parce qu’il s’adapte à la population russe, ses besoins, ses préoccupations.

Il nous livre ainsi une thèse intéressante selon laquelle le Web n’est pas un facteur d’homogénéisation identitaire ou culturelle, bien au contraire. Pour lui, « si les plateformes sont globales, l’essentiel des conversations et des contenus partagés dépendent des langues et des cultures locales […] Ces contenus et conversations sont territorialisés ». Et la démonstration de cette thèse, utile pour comprendre le futur, est passionnante. La réflexion sur les enjeux de demain est aussi précieuse. Régulation, fiscalité, data, copyright, souveraineté, en Europe, dans le monde, Frédéric Martel analyse et ébauche des réponses subtiles et encourageantes à ces défis que nous devons relever collectivement.

Alors que nous basculons dans une économie de la recommandation où nous lisons un article qu’un de nos amis à « liker » sur facebook ou qu’un de nos followers à « retweeter » – pour Frédéric Martel : « à l’âge numérique, les produits culturels ne sont pas les seuls à disparaître : les journalistes et les critiques spécialisées aussi  » – je vous recommande cette lecture.

Parce que j’ai vraiment appris des tas de choses. Grâce à ce livre, je suis devenue « smarter ». Et ça, c’est déjà pas mal !

 

Laisser un commentaire